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Comment les réseaux sociaux & les créateurs de contenu contribuent à la culture québécoise

  • Photo du rédacteur: Marisol Lafrance
    Marisol Lafrance
  • il y a 14 heures
  • 6 min de lecture

Revue sur 2025


L’année 2025 a été riche en discussions, en remises en question et en observations sur une thématique plus actuelle que jamais : ce qui façonne notre culture québécoise. Et si on prenait un instant pour explorer l’une de ses facettes les plus discutées : la génération Z et son rapport à la culture québécoise? Alors que nous venons tout juste de terminer le premier trimestre de 2026, le débat est loin de s'essouffler. Il est pertinent de revenir sur cette année aux nombreux moments marquants et de s’attarder à ce thème. Une simple recherche suffit pour constater son ampleur: articles positifs comme critiques se multiplient, plaçant à la fois les jeunes et les créateurs et créatrices d’ici sous les projecteurs, questionnant leur sentiment d’appartenance à cette fameuse culture québécoise.



L’un des débats principaux repose sur cette perception persistante : aux yeux de certains, notamment dans les médias traditionnels, les jeunes sembleraient de plus en plus déconnectés de la culture. Pourtant, ce même groupe affirme majoritairement être attaché à la souveraineté et à l’identité culturelle de la province. Ce paradoxe soulève une question essentielle : et si le problème ne venait pas d’un désintérêt, mais plutôt d’une définition de la culture qui ne correspond plus à la réalité des jeunes?


Un échange entre la culture traditionnelle et digitale


Cette réflexion a notamment refait surface lors d’un passage remarqué du créateur de contenu Maire de Laval à Tout le Monde en Parle. En posant des questions pertinentes, il a contribué à déplacer le regard et à inverser le débat : et si le problème ne venait pas des jeunes, mais plutôt des médias traditionnels, qui peinent à s’intéresser à leur réalité et à leurs codes? Ce n’est pas que les jeunes se désintéressent de la culture québécoise. C’est que celle-ci doit désormais les rejoindre là où ils sont et aujourd’hui, cet espace se trouve majoritairement sur les réseaux sociaux.


Note : et l’opposé se voit aussi ! Notre article de tendance médiatisation des réseaux sociaux.


Ce décalage se manifeste aussi à travers une forme de snobisme culturel, dénoncée par Ariane Brunet dans une vidéo ayant cumulé 400 000 vues et de nombreux commentaires. Elle y sous-entend que ne pas connaître certaines figures emblématiques du passé, comme Olivier Guimond, remettrait en question la légitimité culturelle ou le potentiel futur dans des domaines comme l’humour. On en vient parfois à se moquer des jeunes pour leur méconnaissance de références propres à l’époque de leurs parents. Or, comment pourraient-ils connaître des repères qui n’ont jamais fait partie de leur environnement médiatique, encore moins de leur culture numérique ?


Malgré ces critiques, les médias traditionnels eux-mêmes semblent partagés. En moins de trois mois, La Presse publiait deux articles abordant le sujet sous des angles opposés : l’un mettant de l’avant des jeunes passionnés par la culture québécoise, l’autre soulignant leur supposée ignorance. Cette contradiction illustre bien la confusion actuelle autour de ce que l’on considère, ou non, comme une culture légitime.


Au final, pour les jeunes, la culture québécoise ne leur a pas échappé. Ils l’ont simplement construite, à leur façon, sur les médias sociaux et via les créateurs d econtenu.



La culture québécoise à l’ère de la Gen Z


Les réseaux sociaux ne sont pas juste des vitrines : ce sont des espaces d’échanges, de découvertes et de création, où les jeunes passent une majorité de leurs temps libres. Les algorithmes, en mettant en avant des contenus locaux et engageants, permettent à cette culture numérique de se diffuser rapidement et de toucher des communautés qui se reconnaissent dans ces références.


Les créatrices et créateurs jouent un rôle central. Ils prennent de petits éléments de la culture et du mode de vie québécois et les réinterprètent à leur manière : anecdotes, expressions, moments du quotidien, lieux à visiter, événements d’actualité, ou même classiques du passé. Ils les transforment en sketches humoristiques, contenus informatifs ou bien séries « passe une journée avec moi ». Aujourd’hui, ce sont même des centaines de marques qui utilisent ces mêmes codes pour se coller à cette nouvelle culture digitale. Chaque publication contribue à renforcer le sentiment d’appartenance et à faire vivre cette culture de façon nouvelle et vivante.


C’est grâce à cette dynamique entre plateformes et créateurs que la culture québécoise ne se contente pas de survivre : elle se transforme, se partage et s’invente chaque jour directement là où les jeunes sont les plus présents.



Quelques exemples


Reprenons le cas d’Ariane Brunet. En à peine un an sur les réseaux sociaux, elle a dépassé les 100 000 abonnés grâce à ses sketchs humoristiques ancrés dans le quotidien et la réalité d’ici. Ses contenus sont extrêmement relatables et connectent directement avec les jeunes, prouvant que nos récits collectifs peuvent encore vivre et évoluer dans de nouveaux formats.


D’autres créateurs ont participé et participent encore à cette culture numérique. Marianne Plaisance a transformé ses échanges de cadeaux de Noël en rendez-vous incontournables sur YouTube dans les années 2010, qui se sont aujourd’hui concrétisés en un événement en personne : le Marianne Fest. Zoé Duval, lui, multiplie les sketchs reflétant les réalités modernes.

La culture québécoise se manifeste aussi dans le commerce et la marque personnelle. Shahin Ouest a lancé sa propre marque de vêtements Ouest célébrant la langue et les habitudes d’ici. Sa réussite ? Non seulement elle fait parler d’elle sur tous les canaux, mais ses collections s’écoulent à chaque lancement. Alexane Drolet, quant à elle, a quitté son emploi de journaliste pour se consacrer pleinement à l’actualité sur les plateformes sociales, proposant un contenu informatif et engagé qui touche directement sa communauté avec sa plateforme Alexplique.



Chaque créateur, chaque projet, chaque contenu contribue à façonner une culture québécoise contemporaine, vivante et réinventée, là où les jeunes se trouvent. C’est même YouTube et RAD qui mettent en avant le divertissement d’ici avec des contenus et campagnes publicitaires présentant des visages comme Aly Brassard ou Marianne Plaisance. En bref, des formats qui mettent nos créateurs à l’avant-plan.





La culture classique revisitée


En regardant les contenus produits au cours de la dernière année, on se rend compte qu’on connaît nos histoires, nos classiques, et qu’on les interprète à notre manière. Que ce soit un extrait de La Guerre des Tuques qui envahit nos fils TikTok en janvier 2026, la ré-interprétation de la Chasse Galerie par Pier-Luc Funk et Ariane Brunet, ou la fameuse chanson de Joël Legendre lors de la soirée canadienne, remixée et partagée partout, certains éléments de notre culture se réinventent constamment en ligne.


Le contraste se voit aussi avec les personnalités médiatiques qui se lancent sur les plateformes : Même en essayant de se rapprocher du public, leur approche reste souvent plus institutionnelle. À l’inverse, les créateurs et créatrices de contenu vivent et font respirer la culture là où elle se construit réellement : dans les communautés en ligne, à travers des expériences immersives et des moments spontanés. C’est cette proximité et cette authenticité qui captent l’attention et transforment l’engagement en influence concrète. Lire aussi Les 5 tendances qui vont redessiner le paysage de l'influence en 2026



En rafale : moments marquants de 2025-2026 


Février 2025 :

  • Shahin lance sa marque de vêtements Ouest, avec la tagline j’comprends pas ton français, affirmant fièrement son attachement à la langue.


Mars 2025 :

  • YouTube célèbre ses 20 ans avec une campagne publicitaire mettant de l’avant les YouTubeurs québécois. Le lien  


Août 2025 :

  • Annie Brocoli lance sa page Instagram, surprenant tous les nostalgiques


Octobre 2025 :

  • Cocotte participe au GP Explorer en France en affichant clairement ses couleurs québécoises.


Novembre 2025 :

  • Maire de Laval fait un passage remarqué à Tout le Monde en Parle, abordant le sujet des jeunes et de leur rapport à la culture québécoise.


Décembre 2025 :

  • Marianne Plaisance organise la 3e édition de son marché de Noël Marianne Fest, toujours aussi prisée.


Janvier 2026 :

  • Big Brother est de retour pour sa 6e saison, avec plus de créateurs numériques que jamais (Kate Moya, Citron Rose, Pascale Marineau, Felix Dolci, Oussama)


Janvier 2026 :

  • Crave annonce sa nouvelle série Hors Réseau, mettant des personnalités du web (Danick Martineau, Éléonore Lagacé, Amorella Lenga, Brendan Mikan, Pascale de Blois, Joanie Grenier, Kevins-Kyle Lambert, Marylène Gendron)


Mai 2026 :

  • La page Instagram Oui Québec, qui vise à mettre de l’avant l’indépendance du Québec, organise un panel avec Mounir Kaddouri et Pascale de Blois pour parler de la nouvelle culture.



Conclusion 


Alors que les intégrations publicitaires dans les médias d’ici se multiplient et sont de plus en plus encouragées, les créateurs représentent une porte d’entrée naturelle et efficace pour un placement local, pertinent et mémorable. Grâce à une collaboration organique avec les utilisateurs, ils ont contribué à bâtir une culture qui rayonne plus que jamais en ligne. Portée par des algorithmes de plus en plus ancrés localement, par des communautés engagées et par des créateurs profondément enracinés dans leur identité, la culture québécoise ne disparaît pas sur les réseaux sociaux : elle s’y transforme, se renouvelle et s’y affirme. Aujourd'hui c'est à travers les médias sociaux et les créateurs de contenu que de nouvelles expressions se propagent, des chanteurs québécois se font connaître, et la tendance n’est pas pour se renverser.

 
 
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